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Du 6 au 29 octobre à l’Hôtel de Ville de Loches, Galerie François 1er, en association avec le Festival, exposition du peintre Jean Luneau

C'est le soir, la lumière est belle, l'air léger, une fraicheur descend sur les grandes herbes du jardin où l'on entend bruire la moitié diurne du monde qui s'affaire soyeusement pour entrer dans la nuit. Jean Luneau est peintre, il observe avec émotion ce tranquille bouleversement de l'ordre des choses qui apaise le tumulte du jour, remet immuablement les pendules à l'heure, et arrête le temps.

Un doux désordre règne dans l'atelier, témoin d'une vie de travail, quand la main joue ce que l'œil compose dans ce lieu où le métier toujours nourit l'œuvre.

Outils et objets appuient sur le présent. L'instant s'épaissit, gros de son origine, car à ses débuts Luneau étudie aux Beaux-Arts de Nantes avec, entre autres, Guy Baty homme multiple et sensible, qui stimule sa curiosité et son ouverture à la culture. Puis à l'École des Arts Décoratifs d'Aubusson, il apprend la tapisserie et devient peintre cartonnier.

 Une pince de métal noirci, une rame de papier entammée, une escouade de pinceaux tendant le poil hors d'un bocal de verre. Tout en poursuivant sa vocation de peintre, Luneau monte à Paris et place ses dessins dans les maisons de la rue des Petits Champs. Il travaille aussi chez Prudhomme et Jansen, célèbres décorateurs parisiens pour qui il réalise : fresques, trompe-l'œil, papiers peints panoramiques, plafonds peints. Il rencontre Alexandre Sérébriakov qu'il seconde dans son atelier et sur des chantiers. Au fil des réalisations, il trouve ses propres clients : Arturo Lopez (plafond à l'hotel Lambert), Charles de Beistegui (fabrique du Parc de Groussay), Louis de Broglie (trompe-l'œil Place des Voges)... Parallèlement, il fait des incursions dans le monde du spectacle et crée des décors pour le Théâtre Sarah Bernhardt (Phèdre - mise en scène Marcelle Tassencourt -1965) et les studios télé des Buttes Chaumont.

 La poussière suspend sa danse à un dernier rayon de soleil. Le hasard d'une commande le confronte à la céramique et le place dans la lignée des grands artisans d'art. Luneau les connaît, les fréquente, déchiffre dans les livres leurs secrets et acquiert les techniques les plus difficiles. Il fonde l'Atelier des Charbonnier et devient Maître Faïencier. Art de la terre et du feu, fabrication des formes et des décors, contemporains ou « à la manière de.. », Luneau s'approprie l'esprit des faïenciers du XVIIIème siècle et crée des répliques muséales de pièces contemporaines ainsi que des pièces inspirées de Delft, Vieux Rouen, Nevers... (Panneau déoratif pour l'école de la Marine Marchande du Havre).

 Un tube de couleur débouché paresse à côté de la palette surchargée d'épaisseurs de peinture sèches. Le bouchon de plastique a roulé par terre. Luneau quitte Paris pour l'agrément de sa vie de famille et installe en Touraine la Faïencerie de Chédigny pour le confort de la pratique de son métier. Mais le dessin et la peinture ne sont pas absents, il ouvre un atelier de dessin de modèle vivant fréquenté par de nombreux artistes de la région et continue d'exposer régulièrement.

La goutte d'eau vacille au robinet et renvoie inversée, l'image fixe d'au-delà de l'évier. Le métier et l'art, Luneau se bat pour leur union au sein de la Chambre Syndicale des Ateliers d'Art de France dont il sera longtemps administrateur. Il replace l'artisanat dans la modernité du monde économique et lui rend son actualité culturelle. Il devient membre fondateur et Vice-Président de la Fédération des Métiers d'Art de France, membre fondateur de l'Union des Maîtres Faënciers de France et membre de l'association des Créateurs d'Art de Touraine. Son œuvre de créateur céramiste est couronnée en 1992 par le Grand Prix des Métiers d'Art.

 Un carton à dessin est posé de guingois, un des cordons dénoué. L'entrebaillement laisse échapper le dessin d'une jambe, soupir d'un rêve de papier. Amoureux de la vie Jean s'intègre à la vie de Chédigny qui est devenu son village et développe une activité culturelle qui aura un grand retentissement local et national et à laquelle participent des amis, artistes professionnels et beaucoup d'habitants du village bénévoles.

 En silence, l'ombre glisse sur le sol et remonte le long des pieds de la table. Hostile à toute forme d'exclusion, Jean se lie avec des familles manouches qui vivent et pérégrinent en Touraine. Il fréquente leurs verdines, les photographie et tisse avec eux un lien d'ouverture et de reconnaissance. Certains d'entre eux ont les honneurs de ses pinceaux. De cette expérience il tire un livre « Une Kumpania ». La grosse clef de fer forgé ne ferme jamais la porte de l'atelier.

 Luneau dessine comme il respire, naturellement. D'un dessin sensible, d'observation et de traduction de cette observation, et d'un dessin de pure création, parfois sage, parfois délirant. Les marges de ses cahiers d'écolier se couvraient déjà de tout un peuple de créatures féériques ou monstrueuses qui devinrent ultérieurement à la Devinière à Chinon, peronnages de Rabelais. La peinture de Luneau est d'un réalisme onirique. Il guette au hasard du travail et dans les accidents de la matière le motif qui s'y cache, il y débusque son sujet. Il manipule des taches d'où sortent des personnages imaginaires, bestiaire fabuleux, sans rupture entre la forme et le fond. D'une écriture délicate, il pare ces monstres de séduction et de poésie. De mystérieuses chimères peuplent sa mythologie et sourdent de l'inconscient avec innocence comme nature profonde de l'artiste. Le végétal, la faune animale et humaine habitent son univers tour à tour aérien, sensible, aquatique et sensuel. Le peintre se souvient du céramiste, il a le goût des matières, des textures. La terre, son grain, ses rugosités, ses brillances. Le feu veille dans ses orangés, comme la flamme douce et secrète qui mûrit l'œuvre.

 « Le dessin c'est la rigueur, une école de vérité. Le modèle qui pose devant moi dégage une énergie et un message que mon geste doit capturer et restituer. Dessin, peinture, gravure, lithographie, le travail offre une vision, une émotion à partager et j'attends du regardant qu'il sache voir, et soit capable de rêver. Van Gogh disait : «il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens». J'offre aux gens un terrain de jeu, je donne à penser, je donne à rêver, à jouer, je nourris l'imaginaire. J'aime le rapport avec les gens, le rapport des gens entre eux, c'est pour ça que je fais moins de paysages. Les rapports humains m'intéressent, la mise en relation des émotions. Quand les gens réagissent à mon travail, ça m'ouvre à des choses que je n'y avais pas inscrites consciement. Ensemble on quitte la surface pour trouver la profondeur ».

 Jean Luneau est peintre, son art touche à la vie. On y suit le vol des oiseaux, on y entend leur chant, on y goûte la bonne chère, on y dit la poésie.

 Jean-François Chandellier

 

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